Origine et histoire de l’Asiminier trilobé

L’Asiminier trilobé est un arbre qui fait de plus en plus parler de lui car en plus d’être rustique, il produit des fruits à l’allure de mangue et au goût exotique. Cet arbre fruitier qui nous vient des Etats-Unis trouve sa place dans les vergers français.

Origine de l’Asiminier trilobé

Asimina triloba appartient à la famille des Annonaceae, qui regroupe quelques 2 500 espèces de plantes : arbres, arbustes ou plantes grimpantes évoluant dans les zones tropicales ou subtropicales du Globe. Parmi les Annonacées les plus célèbres, on compte l’Ylang-Ylang (Cananga odorata), le Corossol (Annona muricata) ou encore la Pomme Cannelle (Annona squamosa).
Le genre Asimina compte une dizaine d’espèces d’arbustes et de petits arbres mais Asimina triloba est la seule espèce cultivée, pour ses fruits comestibles. On retrouve l’Asiminier trilobé à l’état naturel dans la partie Est des Etats-Unis, allant du Nebraska au Maine et du sud du Canada à l’extrémité nord de la Floride.
Cet arbre évolue à l’état sauvage dans les forêts, et dans les dépôts alluvionnaires des rives sablonneuses et boueuses des fleuves, rivières et ruisseaux d’Amérique du Nord.

Zone d'origine de présence d'Asimina triloba à l'état naturel

Zone d’origine de présence d’Asimina triloba à l’état naturel, Source USDA

Histoire de l’Asiminier trilobé

Des empreintes de fruits et de feuilles similaires aux feuilles actuelles d’Asimina triloba ont été relevées dans des fossiles datant de la période cénozoïque (de -56 à -3 millions d’années).
Il y a des millions d’années, les États-Unis connaissait un climat tropical propice aux plantes de la famille des Annonacées. A l’issu de la dernière ère glaciaire, il y a 20 000 ans, Asimina triloba fut l’une des seules espèces de cette famille à survivre et à s’adapter à un climat continental avec des températures très froides en hiver, ce qui explique qu’on le retrouve à l’état sauvage aux Etats-Unis.

Le fruit de l’asiminier trilobé était consommé par les peuples amérindiens, c’est-à-dire les Indiens d’Amérique, qui l’appelaient « Paw Paw ».
Les historiens suggèrent que les Amérindiens auraient introduit le fruit dans les États plus à l’ouest, comme le Kansas et le Nebraska mais également dans la province canadienne de l’Ontario. Ils auraient probablement aussi sélectionné les fruits en fonction de leur goût, leur taille et la quantité de graines, à l’image de ce que les sélectionneurs continuent de faire aujourd’hui.

Planche botanique d'Asimina triloba

Les peuples amérindiens nommèrent certaines montagnes et rivières du nom du fruit, probablement en raison de son abondance dans ces zones géographiques. Par exemple, on retrouve le lac Paw Paw lake au sud-est du Michigan dans le comté de Berrien ou encore Paw Paw Creek, un ruisseau d'une vingtaine de kilomètres qui rejoint la rivière Monongahela en Virginie-Occidentale.

Aux XVe et XVIe siècles, les conquistadors européens fraîchement arrivés ont pu déguster ce fruit atypique. L’explorateur espagnol Hernando de Soto décrivit l’asimine pour la première fois dans son journal de bord : « Ce fruit est comme la poire : il a une très bonne odeur et un excellent goût. »

A la fin du XVIIe siècle, les premiers explorateurs français arrivèrent dans la région sud de l’actuel Québec jusqu’au fleuve Mississippi qui eux aussi découvrirent les fruits de l’asiminier. En 1744, Pierre-François-Xavier de Charlevoix notait que « les asiminiers » étaient l’un des trois fruits les plus remarquables de ce pays.

Ce n’est cependant qu’en 1763 que le naturaliste Michel Adanson nomma cet arbre de son nom botanique Asimina que l’on connaît aujourd’hui.

Au début du XIXe siècle, d’autres explorateurs purent expérimentés les vertus rassasiantes de la mangue du nord®. Les fruits de l’Asiminier auraient d’ailleurs été d’un grand secours à l’expédition « Lewis et Clark » quand de retour de leur traversée des États-Unis entre 1804 et 1806, ils manquèrent de vivres.

Au début du XXe siècle, de nombreux collectionneurs réunirent les meilleurs asiminiers, mais ce travail fut perdu, détruit ou négligé en grande partie.
En 1916, l’association pour la génétique américaine offrit un prix de cent dollars (somme équivalente aujourd’hui à un mois de salaire) pour identifier les asiminiers les plus intéressants : l’arbre le plus grand et celui au fruit le plus gros. Les fruits devaient être envoyés par voie postale pour identifier les variétés les plus aptes au transport et les graines des meilleurs fruits furent semées.
En 1918, Dr Zimmerman récupéra certaines plantes issues de la germination des graines du concours de 1916. Quelques années plus tard, après avoir hybridé certaines de ces variétés, il obtint entre autres la variété Taylor que l’on cultive toujours aujourd’hui.

À la fin des années 1970, Neal Peterson, un sélectionneur réputé d’Asiminiers, redécouvrit les variétés du Dr Zimmerman au Blendy Experimental Farm et en collecta des graines. Les variétés Rappahannock, Wabash et Susquehanna sont issues de ces graines.
En 1984, la Paw Paw Foundation fut créée par Neal Peterson. Dédiée à la recherche et au développement commercial de l’asiminier trilobé, elle permit l’amélioration et la promotion de ce fruit oublié partout aux États-Unis. Tout ce travail récent de sélection qui continue aujourd’hui, principalement aux Etats-Unis, nous permet de vous proposer des variétés qui produisent des fruits savoureux, gros et contenant moins de graines.

Tous nos asiminiers trilobés

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Source carte et illustration : usda

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